La pluie tomba et se mit à inonder

Ça alors ! L’eau de pluie a séquestré les routes, et s’est invitée dans les habitations. C’est surprenant ce que la nature est capable de faire, surtout quand elle se déchaîne. Elle semble essayer de se faire entendre… Par tous les moyens. On peut l’entendre gronder, comme le tonnerre. Le cas la saison des pluies est bien parlant.

Quelques années en arrière « Abobo clouetcha » et d’autres secteurs modestes étaient les bénéficiaires testamentaires de la volonté pluvieuse. Les images des populations qui y vivent et l’état des lieux de leurs d’habitations faisaient le tour des médias. Pendant ce temps le reste d’Abidjan se rinçait simplement. Très peu de mesures étaient prises pour améliorer la situation.

« D’ailleurs, elle ne devrait pas durer cette saison. Alors pourquoi dépenser des sommes faramineuses ? En se référant aux météorologues, dans les prochaines années, il ne devrait plus pleuvoir. Vous avez vu le couvert végétal ? Il a presque disparu ! » Pensaient certainement nos (irresponsables politiques) décideurs affalés dans leurs divans moelleux au fond de salons soyeux.

Et en attendant, comme le pauvre a toujours tort et semble être plus patient, vu que sa voix ne porte pas… c’est lui qui était toujours condamné

« Dans tous les cas ils devaient bien s’y attendre ces pauvres bougres! Leurs quartiers sont si mal lotis. D’ailleurs ça ne pouvait qu’arriver, avec ces maisons à l’allure de grenier. Encore que dans ses greniers, la récolte reste au sec et au chaud. Ils devraient quitter ces lieux et se déporter vers les bons quartiers. Ces sinistrés pourraient quand même faire des efforts pour se louer des appartements plus décents non ? Après tout, c’est une question de vie ou de mort ! ».

Sauf qu’il ne s’agit plus uniquement « d’Abobo clouetcha » ni de gobelet… Maintenant, il est aussi question des quartiers de haut standing… Riviera, Angré… Là où certains « décideurs », dorment sans avoir « décider » de prendre des mesures idoines et pérennes. Il est fort possible que la montée des eaux dans ces zones soit une alarme, pour capter l’attention des autorités sur un phénomène enrageant.

Inonation à la Riviera- Abidjan Crédit photo yéyémagazine

Inondation à la Riviera- Abidjan
Crédit photo yéyémagazine

Ainsi, si l’on ne fait gaffe.

Ainsi, si l’on ne fait gaffe, si l’on ne prête attention à ce que la nature nous chuchote chaque fois qu’une pelouse verdoyante, des plantes sont remplacées par des pavés, du béton ou d’autres matériaux de revêtements de sol made in Italia, Espagne, il sera impossible de comprendre que cela pourrait altérer la qualité de vie pendant la saison des pluies. Surtout quand le réseau d’égouts n’est pas aussi dense pour contenir le ruissellement des eaux. A l’exemple de la commune du Plateau.

Tant qu’on ne sera pas assez futé pour voir que rien ne se perd mais que tout se transforme ; que chaque objet jeté dans la nature peut être source de problème ; que la nature sait se défendre quand elle est menacée, qu’elle sait aussi se mettre en colère, l’effet boomerang ne sera pas bien loin. Jeter n’importe quel objet à l’autre bout de la ville et il reviendra sous forme de poubelle gigantesque à la dérive.

Si pour sa part, l’autorité n’épure pas les égouts et ne met pas en place un réseau à la hauteur de la population croissante, l’eau continuera de s’abriter ou chercher sa route dans les chambres, les salles de bain, sur les matelas…

Aux entrepreneurs en bâtiment, comprenez une fois pour toute que, tout espace n’est pas propice à une bâtisse. Que l’avidité n’est pas la solution à la pauvreté. Rien ne sert d’encourager vos clients à défier ou corrompre l’autorité au risque de porter la responsabilité de perte en vies humaines.

Une question, lancinante, m’obsède : combien de temps devra encore durer le calvaire des populations pendant les saisons pluvieuses, avant que des actions concrètes ne soient menées ? Devrons-nous attendre qu’Abidjan soit totalement immergée, avant de voir l’urgence ? De façon cynique, j’ai envie d’écrire : ‘’heureusement que nos amis les nantis sont maintenant concernés par ces inondations ».

N’entendez-vous pas tonner la voix de la pluie ?

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6 commentaires

  1. Ah ça ! nous somme chacun ici interpellé hein ! Thank édjass édjoss ! j’aprrécie surtout la constance dans la rigueur du ton, même quand tu y laisses s’échapper quelques reflets d’humour. Courage surtout pour cette fidélité autant gardée dans ton combat pour la protection de l’environnement

  2. Il faut même voir ceux qui ont construit sur les canalisations. à 9 kilos des magasins anarchiques. C’est l’appât du gain et rien de plus. Mais surtout tu vas voir quand la puie va cesser, retour aux vieilles manières. beau texte Edjou

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